Bonjour et bienvenue !

C’est l’événement sportif du mois ! Un coureur blanc (passé sous la barre des 10 secondes
sur 100 mètres), a remporté la finale du 100 mètres lors des championnats d’Europe d’athlétisme. C’est un exploit, un « blanc » qui prend le dessus sur des « noirs », dans une discipline
habituellement dominée, nous dit-on, par ces derniers.
Je m’en moque absolument ! Je me moque qu’un « blanc » remporte une finale sur 100 mètres, je me moque qu’il soit le premier à passer sous la barre des 10 secondes ! Je me refuse à m’intéresser à
la couleur de Christophe Lemaitre, tout comme je me refuse à m’intéresser à la couleur de n’importe lequel de mes concitoyens. Le sport fait-il perdre aux commentateurs et journalistes tout sens
de la République ? Je le crois !
L’événement n’est pas qu’un sportif « blanc » remporte le 100 mètres, l’événement est qu’un Français, un gamin de 20 ans, soit sacré champion d’Europe. Le reste n’a aucun intérêt ! Quelle est la
limite des distinctions entre athlètes ? On peut imaginer la presse titrant : « le premier porteur de moustache sous la barre des 100 mètres » ou même « le premier catholique à passer sous la
barre des 100 mètres », voire même « le premier porteur de slip à passer sous la barre des 100 mètres » ( !). Christophe Lemaitre est français ! Le fait qu’il soit blanc ou noir ne change rien,
sa performance est remarquable comme jeune Français de 20 ans, surtout face à des athlètes tels que Dwain Chambers, inculpé dans l’affaire balco, contrôlé positif à la THG (un produit dopant),
l’inverse de Christophe.
Affutons nos réflexes citoyens et républicains. Gardons en tête qu’en République, les « noirs » nous sont indifférents, tout comme les « blancs ». Ce sont les hommes qui nous intéressent.
Créé en 2004 et généralisé en 2009 par Xavier Darcos, le fichier « base élève » vient d’être invalidé par le Conseil d’Etat pour non-conformité avec la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978. La première version de ce fichier prévoyait de recueillir des données telles que la nationalité, l’année de l’arrivée en France, la langue parlée à la maison, le suivi médical ou psychologique et les handicaps éventuels.
C’est donc avec un grand soulagement que j’accueille la décision du Conseil d’Etat qui vide le fichier des éléments lui permettant d’organiser le repérage des enfants scolarisés sans-papiers. Je félicite d’ailleurs à cette occasion le collectif national de résistance à base élèves qui a mobilisé, a alerté la Ligue des Droits de l’Homme et a porté l’affaire devant l’ONU et sans qui le gouvernement aurait pu continuer à construire sa stratégie du « tout fichage ».
Il est certes nécessaire de récolter des informations sur les élèves mais pas n’importe lesquelles. Seules les données indispensables à la recherche (renseignements personnels anonymes), en matière de sciences de l’éducation doivent être collectées. Aucune donnée nominative ne doit sortir des établissements scolaires !
Il faut maintenant réclamer l'abandon du recueil et du traitement centralisé de données personnelles contenues dans Base Elèves 1er degré et dans tout autre fichier centralisé des enfants ainsi que l’abandon de la Base Nationale des Identifiants Elèves (BNIE), qui permet de multiples interconnexions actuelles et futures avec d’autres bases administratives. Le combat continue !
Les Français doivent savoir que le Président n'est responsable de rien, qu'il est arrivé à un moment où les
éléments extérieurs se sont déchaînés contre sa politique et qu'il est trop compliqué de rétablir la situation. Voilà le message que nous pouvons dégager de l'intervention du Président de la
République sur France 2, hier 12 juillet 2010.
Les Français ont compris qui était derrière le système Sarkozy et l'exercice de communication, auquel s'est livré le Président, n'avait qu'un seul et unique but : maintenir ce système
pourri, léger pour les riches, et lourd, très lourd pour l'immense majorité de la population. En répétant des mantras et des mots magiques qui rassurent son camp, mais qui ne convainquent pas les
Français, Nicolas Sarkozy s'enfonce dans la défense d'un système constitué de symboles, de simulacres, qui n'a aucun rapport avec la réalité. A la vérité, la politique de ce gouvernement est
une politique de recul de l'action politique, moins d'Etat partout, plus de privé partout, voilà qui constitue l'axe central du gouvernement de droite, qui défend la classe économique qui l'a
élu, la classe financière dominante. Sarkozy a beau jeu de justifier les reculs économiques, sociaux et financiers de notre pays par les difficultés liées à la crise économique qui touche le
monde depuis plus d'un an : d'abord, ce sont les amis de Sarkozy qui sont à l'origine de la spéculation et du crash boursier ; ensuite, il suffit de regarder le bilan de Nicolas Sarkazy partout
où il est passé pour voir combien les politiques qu'il met en place sont désastreuses : ainsi lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, blabla divers, délinquance et insécurité avaient
explosé...
Le Président du pouvoir d'achat, le Président du plein-emploi, tout s'est envolé avec la crise de la spéculation dont le Président n'est évidemment pas responsable. Non, non, il n'en est pas
responsable, il n'a aucun lien avec le monde de l'intéressement et de la spéculation, lui qui a manifesté à de nombreuses reprises avec une insistance grotesque qui faisait rire les Américains -
qui sont eux à la recherche d'un équilibre social plus juste avec la politique de santé par exemple que met en place Barack Obama - , son attachement au capitalisme, au modèle anglo-saxon, que
les Français ont d'ailleurs toujours rejeté, recraché. Si la France va mal, c'est la faute des 35 heures, de François Mitterrand, de la gauche qui complote et des régions mal gérées. Notre bon
Président rame contre des archaïsmes et des passéistes.
Le Président jouera cette partition jusqu'en 2012, il l'a promis. Mais, il devra un jour se confronter à la réalité, notamment en matière sociale où son bilan est
désastreux. Face aux caméras le Président fanfaronne et gesticule en pantin grotesque. Dans le monde réel, de toutes ces fanfaronnades ne reste rien et les voyous, crapules et
autres malfrats sans honneur et sans scrupule sévissent avec encore plus de barbarie qu'autrefois. Cela fait honte à notre pays.
L'intervention du Président, enfumage général, n'a été qu'une longue et ennuyeuse séance d'hypnose collective durant laquelle même David Pujadas s'est endormi.
Qu'il est aisé pour la droite de pointer du doigt les « familles ayant un peu trop facilement démissionné ». Nous imaginons facilement le Député UMP Eric Ciotti - qui souhaite supprimer les allocations familiales des parents « démissionnaires » - tenir un discours péremptoire, au café du commerce, au coin d'une rue de sa circonscription, sur ces parents qu'il faut contraindre, sur ces femmes et ces hommes qui ont des difficultés avec leurs enfants et à qui il faut tordre le bras pour que leurs enfants retrouvent enfin le chemin de l'école. (Cela ressemble d'ailleurs beaucoup à une histoire de Karcher.)
En réalité, cette proposition est une vieille recette, datant des années 1980, recette qui n'a jamais marché. Des Etats-Unis en passant par le Canada, le Royaume-Uni et la Belgique, de nombreux pays ont déjà envisagé cette solution. Et partout où cette recette éculée a été appliquée, elle n'a jamais dépassé le stade du symbole.... et encore.
En France, le principe de responsabilité parentale a été introduit dans le droit en 2006. Les Conseils Généraux peuvent donc déjà, depuis maintenant 4 ans, suspendre les allocations familiales. En 4 ans, seuls quelques dizaines de contrats de responsabilité parentale ont été signés et aucune suspension n'a été appliquée. Les exécutifs départementaux (dont 43 sont dirigés par la droite, il est tout de même bon de le préciser) ont compris que l'absentéisme scolaire répondait à des mécanismes complexes. Soutenir les enseignants et les associations qui œuvrent au service des enfants, privilégier le dépistage et l'accompagnement des parents et des enfants sont des vraies mesures, bien plus efficaces et bien plus justes que de punir et de fragiliser des parents qui tirent la langue chaque mois pour boucler leur budget et nourrir leurs enfants.